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"New edge" : quand l'intelligence artificielle rencontre les réseaux

"New edge" : quand l'intelligence artificielle rencontre les réseaux

Par Georges nahon, corporate vice president north america - le 16 février 2017

Photo Georges NahonPlus puissant et sophistiqué que le « edge networking », le « new edge » favorisera la montée en puissance de l’IoT en coopération intelligente avec le réseau 5G et le Cloud.

« Le traitement de données à l'extrémité d'un réseau ou "edge computing" est décrit comme un nœud intelligent à la bordure physique d'un réseau de communication avec des ressources informatiques et de stockage local importantes. Son objectif est de réduire la latence. Dans ce modèle, les points d'extrémité ou "endpoints" sont souvent considérés comme des capteurs avec peu ou pas d'intelligence. Le traitement se fait donc dans les nœuds en bordure du réseau et non dans les capteurs ou terminaux qui, jusqu’à présent, n’avaient pas assez de puissance.

La situation évolue grâce au développement de l'intelligence artificielle et du besoin connexe de calcul parallèle haute performance. Des processeurs spécifiques, initialement conçus pour les cartes graphiques et les machines de jeux vidéo, ont trouvé une nouvelle vie. Ces GPUS ou unités de traitement graphique sont à l’origine de l'explosion de l'apprentissage machine. Ils apparaissent désormais dans les data centers, les véhicules, les drones, les robots, les dispositifs IoT intelligents. Leur prix continuera de baisser et leur performance augmentera.

Un nouvel acteur est donc apparu dans le réseau et l’informatique : cette nouvelle "extrémité" (new edge) qui acquiert et traite les données, prend des décisions et se connecte également à d'autres "extrémités" du même environnement. Il est bien plus puissant et sophistiqué que le nœud de bordure (edge networking). Il permet, par exemple, à des véhicules autonomes, des voitures, des camionnettes et des camions de se connecter entre eux et avec des drones.

Bien entendu, l'arrivée du réseau 5G contribuera significativement au besoin d'une latence réduite, mais tout ce qui pourra être traité localement le sera. L’énorme quantité de données générées par l'Internet des objets nécessitera alors une coopération intelligente entre les réseaux 5G, le cloud et le "new edge".

Ces dispositifs intelligents en bordure de réseau ont une telle puissance et une telle capacité de stockage qu'ils ressemblent à de petits data centers faisant du temps réel une composante critique. Car une voiture autonome confrontée à un obstacle inattendu – éviter un piéton ou autre véhicule – doit savoir freiner ou virer brutalement. Les drones doivent prendre des décisions très rapides basées sur la reconnaissance d'images. Ces décisions se traiteront désormais dans la voiture et dans les drones eux-mêmes. Bien sûr, des connexions avec le nuage existeront encore pour alimenter le système d'apprentissage "centralisé". Lequel alimentera, à son tour, les dispositifs intelligents en bordure de réseau et propagera les "apprentissages" les plus récents effectués par le cerveau central dans le nuage aux vitesses élevées de la 5G.

Les radars, les lidars, les accéléromètres, les capteurs, les caméras et les dispositifs de localisation captent une quantité de données du monde réel jamais atteinte. "Une voiture autonome génère environ 10 Go de données par mile (1,7 kms), une lytro-caméra génère 300 Go de données par seconde. Pour la première fois dans l'histoire de l'informatique, nous recueillons des données sur notre environnement réel, que ce soit la vision, la localisation, l'accélération, la température, l'information de gravité" explique Peter Levine, associé chez Andreessen Horowitz, une société bien connue de capital risque dans la Silicon Valley.

6 à 10 milliards d’objets connectés seraient déjà en service dans le monde. Leur nombre atteindrait 26 à 30 milliards en 2020 dans un marché qui pèsera entre 1,9 et 14,4 milliards de dollars. "Globalement, les données créées par les périphériques IoT seront 269 fois plus élevées que la quantité de données transmises aux data centers par les terminaux des utilisateurs finaux et 49 fois supérieures au trafic total des data centers en 2019" prédit une étude de Cisco. Comment gérer une telle quantité d’appareils intelligents connectés et répondre aux exigences de calcul de demain ? 

C’est un défi de puissance et de vitesse (réduction de la latence) auquel répondra le très haut débit. C’est surtout un changement d’ordre de grandeur par rapport aux 4,7 milliards de téléphones mobiles et 2 milliards de smartphones en fonctionnement dans le monde actuel. Le "new edge" sera le levier de ce passage à l’échelle clef ».

Georges Nahon
Directeur général Orange Silicon Valley

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