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Le classement doing business incite a des politiques numériques pour le développement économique

Le classement doing business incite a des politiques numériques pour le développement économique

Par Karime Bensaid, Consultant e-government, Sofrecom - le 11 mai 2020

Classement doing business

Pour David Malpass, président du Groupe de la Banque mondiale : « l'élimination des obstacles pour les entrepreneurs est synonyme d’amélioration de l’emploi, de hausse des recettes fiscales et d’augmentation des revenus, soit autant d'éléments requis pour réduire la pauvreté et améliorer les niveaux de vie ». Ainsi les gouvernements qui s’efforcent de simplifier les processus administratifs et de fournir des services numériques innovants aux entreprises, génèrent des bénéfices directs et indirects pour leur pays.

La digitalisation du secteur public et la simplification de ses procédures administratives restent insuffisants s’ils ne contribuent pas à réduire les inégalités, à lutter contre la dégradation de l’environnement et à éliminer la pauvreté.

Selon l'Union internationale des télécommunications (UIT), près de 87% des habitants des pays développés utilisaient l'Internet en 2019, contre seulement 47 % dans les pays en développement. Le numérique se doit avant tout d’être largement accessible, inclusif et inscrit dans la durabilité. Il est capital que les stratégies publiques donnent les moyens de l’inclusion numérique particulièrement aux populations ayant des besoins spécifiques, à savoir les peuples autochtones et les personnes vivant dans les zones rurales, les personnes handicapées, les femmes et les jeunes filles, les jeunes et les enfants.

Faire de l'inclusion numérique une réalité c'est donner aux individus la possibilité de réaliser leur potentiel grâce aux technologies de l'information et de la communication (TIC). Être connecté à internet, c’est avoir la possibilité de s’informer, d’accomplir à distance des formalités administratives (faits d’état civil, propriété, impôts …), de suivre des formations, de chercher de l’emploi, de faire des consultations médicales, de bénéficier de services d’alertes, de rester en contact avec ses proches…

L’amélioration du climat des affaires est l’un des moyens pour limiter la fracture numérique

Depuis 2003, le rapport annuel Doing Business de la Banque Mondiale, analyse les règlementations de 190 économies dans 12 domaines. Il mesure la facilité de faire des affaires pour les petites et moyennes entreprises. Ce rapport éclaire la conception de réformes nationales et motive ces réformes par le biais d’une analyse comparative par pays.

Les critères d’évaluation des économies vont de l’électrification à la facilité de création d’entreprise, en passant par la pression fiscale et la protection du droit à la propriété. Même si la digitalisation n’est pas un critère en soi, celle-ci transcende tous les autres. Son impact est très fort sur le classement et en particulier sur celui des économies africaines où l’innovation numérique constitue un moteur de la croissance économique.

Ce classement a incité les gouvernements du monde entier à entreprendre des réformes destinées à améliorer le cadre d'activité des entreprises, avec en ligne de mire une croissance économique durable.

L’Afrique et le Moyen-Orient en tête des pays ayant initié des réformes

La Banque Mondiale a recensé depuis 2005, près de 3 850 réformes réalisées à travers le monde. Selon son tout dernier classement, Doing Business 2020, 115 pays ont mis en œuvre 274 réformes entre mai 2018 et mai 2019. L’Afrique sub-saharienne porte à elle-seule, 25% de ces réformes. L’Afrique du Nord et le Moyen-Orient ne sont pas en reste puisque 13 des 20 pays de la zone ont déployé 57 réformes (21%). Parmi les 10 économies qui ont le plus progressé dans ce dernier classement se trouvent l'Arabie Saoudite, la Jordanie, Bahreïn et le Koweït.

Doing Business : moteur des investissements dans le numérique

La digitalisation des processus et des services est l’un des principaux moyens utilisés par les économies pour les rendre plus simples, plus efficaces et, in fine, toujours plus utiles aux entreprises comme au Gouvernement lui-même. Regardons plus précisément quelques exemples.

a) Le Bahreïn, pays qui a mis en œuvre le nombre record de neuf réformes entre mai 2018 et mai 2019, a progressé dans neuf des dix domaines évalués par l'étude et son classement général est passé de 62 à 43 entre 2019 et 2020, gagnant 19 places d’un coup.

En observant de plus près la nature de ces réformes, on constate rapidement que la transformation digitale du secteur public du Bahreïn est l’ultime recette de cette belle performance.

On peut à ce titre citer plusieurs initiatives telles que :

• la mise en œuvre d’une plateforme en ligne Benayat pour la gestion de permis de construire,

• la numérisation et la publication des informations pour le raccordement à l'électricité pour plus de transparence,

•ou encore le paiement électronique des cotisations d'assurance sociale pour faciliter le règlement des impôts par les entreprises.

Enfin, le Bahreïn a facilité l'exécution des contrats en créant un tribunal de commerce spécialisé, et en autorisant la notification électronique pour les assignations.

b) Le Maroc quant à lui a réalisé un bond de 7 places grâce notamment à l’accélération du commerce transfrontalier. Pour cela, il a introduit le paiement électronique pour les frais de port et a généralisé la dématérialisation du circuit de dédouanement.

c) En Arabie Saoudite, les demandes de permis de construire sont désormais traitées via une plateforme en ligne.

d) Au Togo c’est également l’approche utilisée. C'est un des 10 pays les plus actifsen matière d’amélioration de la règlementation des affaires en Afrique subsaharienne. Le pays a ainsi rendu tous les documents nécessaires, les reçus d’approbation et les frais, disponibles en ligne.

Pour que les entreprises puissent bénéficier au mieux des nouveaux services numériques proposés par leurs gouvernements, il est bien évidemment indispensable de déployer auparavant des infrastructures modernes et de qualité sur l’ensemble du territoire. Les ambitions Doing Business contribuent ainsi à motiver les gouvernements dans la mise en œuvre de plans stratégiques numériques inclusifs et ambitieux.

e) Le Gouvernement du Niger, à titre d’exemple, en partenariat avec la Banque Africaine de Développement, avait confié à Sofrecom la réalisation de trois études complémentaires au projet de la Dorsale Transsaharienne à fibre optique. Ce projet d’envergure va contribuer à l’augmentation effective de la connectivité au niveau régional et à la réduction du coût élevé des télécommunications. En facilitant l’accès des populations, des administrations et des entreprises à des services numériques de qualité, ce projet vise également à favoriser l’émergence d’une économie numérique.

L’analyse des actions menées par les Etats en faveur du climat des affaires et de leur classement Doing Business ancre une nouvelle fois l’idée que ces progrès ne sauraient avoir lieu sans la transformation digitale du secteur public. De manière directe et indirecte, cette dernière repose sur des investissements dans les infrastructures télécoms et des services qui, in fine, contribuent au développement économique et social des pays...

Article extrait de notre livre blanc : Inclusion digitale, un enjeu sociétal?