Analyse marché

Les 3 principaux modèles organisationnels de l’Open innovation

ven. 29 janv. 2021

L’Open Innovation (OI), ou innovation ouverte, désigne l’ensemble des processus fondés sur le partage et la collaboration entre l’entreprise et des sources externes de plusieurs types : des sociétés concurrentes, fournisseurs et clientes, des universités, des start-ups, […], mais également des salariés de l’entreprise via l’intrapreneuriat. Depuis plus de 10 ans, elle s’est imposée comme un puissant levier d’innovation dans les grands groupes d’envergure mondiale tels que Google, Engie, Microsoft, Orange et bien d’autres ...

La pratique de l’Open Innovation dans les grands groupes s’appuie principalement sur 3 modèles organisationnels : Intégré/centralisé, Distribué et le « Skill Center », chacun possédant ses points forts et ses limites.

Le modèle intégré ou centralisé est hérité du modèle historique des Laboratoires d’innovation. Les différents dispositifs d’open innovation sont définis et pilotés par une entité centrale dont l’activité peut être géographiquement distribuée. Souvent rattachée à la branche R&D de l’entreprise, cette structure possède généralement sa propre gouvernance et intègre la majorité des étapes du développement des projets, de leurs sourcing à la contractualisation avec les unités d’affaires (BU). Ce modèle a l’avantage d’être facilement réplicable (de nouveaux sites et programmes peuvent être créés sur le même modèle) et garantit une bonne diffusion des best-practice, et l’homogénéité des résultats et du suivi de la performance. Cependant, les objectifs définis peuvent parfois être éloignés des besoins des clients internes et le modèle peut être lourd d’un point de vue opérationnel et financier dans sa mise en place comme dans son fonctionnement. L’open Innovation des groupes Engie, Unilever, Cisco, Mastercard, ou encore AT&T s’appuie sur ce modèle organisationnel.

D’autres groupes tels qu’Airbus ou Amazon lui préfèrent une organisation distribuée. Dans ce modèle, chaque entité opérationnelle est autonome sur le choix des véhicules (incubateurs, accélérateurs, cellules de veille et/ou de scouting, corporate ventures) et des outils à mettre en œuvre (plateformes, communication, etc.) pour soutenir leur politique d’innovation ouverte en fonction de leurs propres objectifs stratégiques. Ce modèle est particulièrement efficace dans des groupes où les activités des Business Units et/ou des filiales diffèrent fortement les unes des autres. Cependant, ce modèle est soumis à de fortes barrières à l’entrée : chaque entité souhaitant développer un programme d’Open Innovation doit disposer d’une surface de marché et de ressources financières suffisantes. Par ailleurs, la transmission des best-practices et des compétences n’est pas toujours optimale à l’échelle du groupe.

Le « skill center » est une modèle hybride à la croisée des modèles centralisés et distribués. Le skill center peut être une entité centrale ou collégiale. Son rôle est d’éditer des guidelines en vue d’harmoniser les dispositifs, les processus, la gouvernance de l’open innovation et de fluidifier les interactions avec les clients internes et les fonctions supports (RH, communication, etc.). La conduite des programmes reste assurée par les BU et les filiales, mais avec le support méthodologique et opérationnel du skill center (apport de savoir-faire métier, d’expertise, etc.). Ce modèle organisationnel, choisi par les groupes Microsoft, Google et Telefonica, permet de combiner la proximité avec les clients internes permise par le modèle distribuée tout en conservant la bonne diffusion des best-practices et le suivi de la performance optimale du modèle centralisé.

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Alexandre Jolin

Consultant Manager en Market Intelligence