Analyse marché

La Virtualisation des Fonctions de Réseaux, un nouveau modèle de service réseaux

ven. 06 févr. 2015

Le NFV est une solution qui permettra aux infrastructures réseaux d'absorber la croissance du trafic et de s'adapter de façon dynamique aux évolutions et enrichissements des services, dans une logique de flexibilité et d'économie.


Simplifier les infrastructures pour réduire les coûts et améliorer la qualité de service

La complexité due à la multiplication des types de réseaux 2G, 3G, 4G et demain 5G ainsi que l’extension des bandes de fréquences utilisées obligent les opérateurs à rationaliser et simplifier les infrastructures aussi bien au niveau du réseau coeur que du réseau d’accès. Cette simplification passe par la séparation des infrastructures hardware et des applications ou fonctions software : c’est la Network Functions Virtualization (NFV).
En d’autres termes, on va pouvoir faire « tourner » les logiciels sur des équipements (hardware) banalisés, dans un mode dit cloud sur des « Virtual Machine ». Cela change la topologie des réseaux en termes de data center, de points de présence à la fois au niveau des réseaux fixes et des réseaux mobiles. Les opérateurs pourront « pousser » dans le réseau davantage de services vers nos clients et gagneront en efficacité, puisque le réseau se reconfigurera de façon dynamique en cas de panne. L’opérateur garantira un taux de disponibilité encore plus élevé qu’aujourd’hui.


Adopter une démarche pragmatique

La transformation du réseau s’opère à différents niveaux :

- le passage au tout IP en cours consiste à remplacer les vieux équipements par des équipements IP ;
- la virtualisation amorcée côté SI et plateformes de services s’étend maintenant à l’ensemble des fonctionnalités réseaux, depuis le coeur de réseau jusqu’ au réseau d’accès.

La virtualisation étant liée à l’arrivée du LTE et du LTE-A, il convient de se focaliser uniquement sur ces nouvelles technologies et laisser les infrastructures 3G, 3G+ sur la technologie actuelle.
Cette virtualisation peut aussi être guidée par une recherche de réduction des OPEX, par exemple d’un point de vue énergétique. Elle permet en effet de gérer de façon dynamique la consommation des réseaux, d’orienter les clients sur les technologies disponibles sur la zone 2G, 3G, 4G…, d’éteindre une partie du réseau la nuit, d’allouer un certain nombre de ressources logicielles à des groupes de clients au fur et à mesure de leurs besoins. Si cela est mené correctement, les réseaux deviendront plus économes en énergie et fourniront une meilleure qualité de service car ils seront capables d’apporter à nos clients de la capacité à la demande.


Le réseau mobile concerné en premier lieu par le NFV

Le NFV joue un rôle crucial pour trois raisons majeures :

  1. Permettre à un maximum d’objets de se connecter au réseau. car avec l’internet des objets, le nombre d’objets connectés augmente et engendre des problèmes de scalabilité qu’il faut résoudre
  2. Pouvoir gérer plus finement des objets qui n’ont besoin que d’un accès internet, qu’il soit de haut débit ou bas débit, et qui consomment peu d’énergie,
  3. Gérer des réseaux hybrides entre des réseaux d’entreprises et le réseau de nos clients grand public. Cela permet également d’avoir des fonctions du réseau privé d’entreprise directement intégrées. Enfin, on peut distribuer différentes fonctions directement dans le réseau d’accès (distributed cloud) donc mettre l’intelligence au plus près des objets, chez soi, sur son lieu de travail, en mobilité.


Virtualisation en cours chez Orange

Orange déroule sa première étape de virtualisation du réseau cœur et des plateformes de services. C’est-à-dire spécialisé. Au niveau opérationnel, il faut acquérir ou inventer des outils pour exploiter au mieux cette solution.
Les directions des « achats » sont impactées car l’achat logiciel, et l’achat matériel sont dissociés. Cela questionne nos différents fournisseurs en termes d’opportunité et de menaces, et les pousse a développer des tactiques différentes à ce sujet.
Dans un deuxième temps la virtualisation sera étendue au réseau d’accès mobile. Sur cette partie, les logiciels radio sont encore très spécialisés. En revanche, le « centralized RAN », est en cours d’introduction. L’objectif est de pouvoir gérer en un endroit le logiciel de plusieurs sites radio, et Orange sera progressivement capable de procéder à une virtualisation « par plaques ». Mais cela devra s’accompagner d’une montée en débit du réseau d’accès pour atteindre quasiment 10 Gbps sur nos différentes plaques géographiques.


Une équation innovation technologique / performance opérationnelle en cours de vérification

L’équation innovation/économie s’applique à la facilité d’exploitation, la réduction de la consommation énergétique et l’amélioration du Time To Market. Les premiers retours d’expérience sur la partie plateforme de services et cœur de réseau sont encourageants. Plusieurs tests opérationnels ont été menés en Europe. Les retours sont bons. Les fonctions les plus simples à virtualiser (sécurité, firewall, authentification client, gateway), seront les premières à l’être au fur et à mesure du renouvellement d’équipement. Les achats seront réalisés en mode virtualisé et non plus en mode « traditionnel ».