Fichier 287

Publications

Vivendi confirme son intérêt pour les télécoms de Zain en Afrique

Vivendi confirme son intérêt pour les télécoms de Zain en Afrique

Vivendi est sorti de son silence. Le groupe dirigé par Jean-Bernard Lévy a reconnu hier soir être en discussion avec l'opérateur Zain en vue de lui racheter tout ou partie de ses activités de téléphonie mobile en Afrique.

« Vivendi confirme son intérêt pour une participation majoritaire dans les activités de télécommunications du groupe Zain en Afrique, conformément à sa stratégie affichée de rechercher la croissance dans les pays émergents », indique le groupe dans un communiqué publié après la clôture de la Bourse de Paris. Comme révélé hier par « Les Echos », le groupe français a récemment déposé une offre non engageante auprès de Zain et a mandaté la banque Calyon pour le conseiller.

Basé au Koweït, Zain est présent dans 16 pays africains, comme le Nigeria, le Soudan, la Tanzanie. L'opérateur koweïtien compte plus de 40 millions d'abonnés sur ce continent, où il a réalisé un chiffre d'affaires de plus de 4 milliards de dollars l'an dernier.

A une échelle bien moindre, Vivendi est déjà présent dans les télécoms en Afrique, à travers sa filiale Maroc Telecom, active dans le Royaume chérifien mais aussi en Mauritanie, au Burkina Faso, au Gabon et, depuis mardi, au Mali. « Cette acquisition permettrait au groupe de capitaliser sur son expérience réussie de développement dans la téléphonie mobile en Afrique », explique donc Vivendi. Le groupe français pourrait d'ailleurs utiliser Maroc Telecom pour reprendre une petite partie des actifs de Zain.

Reste que, « dans l'état actuel des discussions, Vivendi n'a aucune certitude d'aboutir à un accord », s'empresse de préciser le communiqué. Vivendi et Zain sont en plein bras de fer. Zain souhaiterait récupérer de 11 à 12 milliards de dollars de la vente de ses actifs africains, un montant jugé élevé par certains analystes et banquiers. Bien décidé à faire monter les enchères, son PDG, Saad al-Barrak, indiquait mardi qu' « un certain nombre de groupes sont intéressés par un partenariat en Afrique ».

De son côté, Vivendi insiste, lui, sur le fait qu'il n'est pas prêt à surpayer : il « appliquera à l'examen de cet investissement ses critères habituels de rentabilité et fera preuve de discipline financière », prévient-il. En particulier, « Vivendi attache la plus extrême importance au maintien de sa notation et de son dividende aux niveaux actuels ». Plusieurs analystes se sont récemment inquiétés des conséquences d'une telle acquisition sur la note de crédit et la politique de rémunération des actionnaires.

So what ?

A la recherche des relais de croissance, Vivendi a confirmé son intéret pour le rachat des 16 opérations africaines de Zain. Cependant, le PDG de Zain, Dr. Saad Al Barrak, a démenti tout accord avec Vivendi sur cette potentielle vente. Toutefois les analystes parlent d’un achat via Maroc Telecom.

En effet, Vivendi a confirmé qu’il restait très attaché au maintien de ses notes de crédit et de son dividende et "continuera à œuvrer dans l’intérêt de ses actionnaires". D’où l’option envisagée par Vivendi de financer cette opération valorisée à plus de 12 Mds $ par sa filiale très rentable Maroc Telecom.

La réunion entre les prometteuses opérations de Zain Africa et l’expertise de Maroc Telecom en Afrique devraient en outre permettre de réduire les risques d’un échec. Maroc Telecom est déjà actionnaire d’autres opérateurs africains tels que Gabon Telecom, Sotelma (Mali), Mauritel (Mauritanie), Onatel (Burkina Fasso).