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Objets connectés, quelle stratégie pour les opérateurs ?

Objets connectés, quelle stratégie pour les opérateurs ?

Par Chloe - le 07 mars 2016

« L’Internet des Objets (IoT) semble finalement avoir pris son envol, et offre des opportunités inédites pour les opérateurs qui sauront les identifier… et les exploiter. »

D’ici 2020, entre 30 et 212 milliards d’objets connectés* pourraient interagir et générer une croissance des données tous azimuts. Quels sont les axes de développement majeurs de l’Internet des Objets ?

P. V. Le premier axe est évidemment l’individu : un nombre croissant de personnes s’équipent en capteurs pour assurer le monitoring de leurs activités. Après le smartphone, ce sont les montres, bracelets, bijoux et vêtements qui deviennent sensibles et communicants. Les géants du Net pèsent de tout leur poids dans la balance, accélérant ainsi la diffusion de l’IoT : Apple a lancé le top départ pour les montres avec l’Apple Watch, tandis que Google et les jeans Levi Strauss travaillent main dans la main sur le projet Jacquard pour prendre le lead sur les vêtements 2.0. Un cran plus loin encore : le studio de développement mobile Chaotic Moon a mis au point un tatouage connecté capable de capter et transmettre plusieurs signaux biométriques ! Capteurs portés, mais également capteurs « embarqués » dans l’environnement : maisons et voitures connectées notamment promettent une sécurité accrue.

Le second axe fait graviter autour de lui tous les « environnements connectés ». Dans les milieux professionnels d’abord. Les usines, les bureaux ou les sites de travail en général sont de plus en plus « intelligents » et permettent une optimisation des activités, une maintenance prédictive et l’instauration de politiques de sécurité renforcées. Les environnements publics ne sont pas non plus exempts de la mise en réseau accélérée de l’information. Les smart cities qui émergent dessinent un univers connecté partout et en permanence. Cela change la donne pour les citoyens : un trafic mieux régulé, une sécurité renforcée grâce à une surveillance intelligente, un ensemble de services d’informations au plus près des besoins grâce à la géo-contextualisation, une meilleure prévention des épidémies… Les applications liées au monitoring des villes et au service au citoyen se développent très vite. Dans le domaine environnemental, les smart grids en phase de test dans de nombreuses métropoles permettront aux ménages et aux entreprises de réaliser des économies d’énergie substantielles. De nombreuses start-ups développent des applications « vertes » : capteurs flottants dans les rivières qui changent de couleur selon la qualité de l’eau (The Living), objets connectés portatifs analysant la pollution atmosphérique (Plume Labs) etc.

Comment les opérateurs peuvent-ils et doivent-ils s’insérer dans cet écosystème complexe ?

P. V. Les premières pistes en adhérence avec les métiers socles de l’opérateur émergent d’ores et déjà.

– Au niveau hardware, parallèlement à d’éventuels projets de développements via des financements directs ou des FabLabs, les opérateurs ont intégré la distribution d’objets connectés dans leurs réseaux et initient leurs clients aux nouveaux usages induits par ces capteurs et autres traceurs d’activité.

Au niveau serviciel (B2B, B2C), l’agrégation et l’analyse des flux via des plateformes représentent une opportunité inédite pour les opérateurs qui veulent décrocher leur place dans le peloton de tête de l’Internet des services. Orange a ouvert sa plateforme Datavenue, initialement réservée au start ups, et créé de nouvelles sections, Live Objects et Flexible Data, pour permettre aux entreprises d’améliorer leur connaissance client et d’inventer de nouveaux services et produits.

Au niveau réseau enfin, les opérateurs doivent répondre à la question suivante : « comment assurer la gestion de ces flux de données toujours croissants ? ». Ils sont confrontés à de nouveaux acteurs de réseaux de communication dédiés, les réseaux bas débit longue portée ou LPWAN (low power wide area networks). Le cabinet d’analystes Machina Research prévoit que les réseaux LPWAN, Sigfox, LoRa ou Neul vont capter 14 % des connexions M2M en 2024.

En France, Orange va équiper 17 agglomérations en 2016 pour démarrer, avant de densifier son réseau au fur et à mesure des contrats passés avec des assureurs ou des gestionnaires de bâtiments, pour assurer une qualité de service optimale.

La bataille des réseaux pour objets connectés est ouverte !

*Source : Institut Montaigne, avril 2015.

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