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Les meilleures technologies pour l’IoT

Les meilleures technologies pour l’IoT

Par Admin - le 17 février 2017

Photo Philippe LoisonEn ce début d’année 2017, l’IoT est désormais devenu réalité. Pour le marché entreprise, le terme M2M semble déjà ne plus faire partie du vocabulaire des opérateurs tandis que pour le grand public l’ensemble des objets de la vie quotidienne est désormais connecté (en témoigne la dernière édition du CES). Selon Berg Insight, les opérateurs télécoms auraient d’ailleurs déjà réalisé plus de 11 milliards de CA pour l’année 2016 sur le marché mondial de l’IoT. 

La connectivité reste aujourd’hui le socle de la proposition de valeur des opérateurs télécoms 

Dans ce domaine, les nouveaux réseaux LPWA et l’évolution de la SIM vers l’eSIM sont identifiés comme les principaux leviers de la croissance du marché.

Concernant le réseau, il apparaît clairement que plusieurs technologies, qu’elles soient cellulaires (Mobile IoT) ou alternatives (LoRa, Sigfox) devront cohabiter jusqu’à l’arrivée de la 5G. A ce stade, le choix de la technologie est fortement dépendant du réseau national existant (couverture, capacité à migrer sur les solutions Mobile IoT, pérennité du réseau 2G) et de la pression concurrentielle existante (présence d’acteurs alternatifs comme Sigfox par exemple). A terme, il sera principalement orienté par la disponibilité et le coût des modules et donc de l’adoption de ces technologies...

De son côté, l’eSIM devrait représenter un quart de la croissance des connexions cellulaires dès 2020. En 2024, il s’agira même d’une nouvelle connexion sur deux selon les prévisions de Machina Research. Les verticales les plus à même d’utiliser ce type de solution sont principalement celles dont le besoin de connectivité est régional ou international comme l’automobile ou le transport et la logistique. L’eSIM arrive aussi au bon moment pour faire passer l’Internet des objets grand public dans l’écosystème cellulaire. Samsung est d’ailleurs depuis peu le premier constructeur à proposer une montre intelligente dotée d’une eSIM conforme aux standards de la GSMA. Pour fournir ce nouveau type de connectivité, les opérateurs se sont regroupés au sein de trois principales alliances que sont la M2M World Alliance, la Global M2M Association et la Bridge M2M Alliance. Chacune d’entre elles continue d’attirer de nouveaux membres chaque année.

Le service aux entreprises représente la principale source des revenus IoT

Pour l’opérateur, l’IoT ne peut se résumer à fournir la connectivité qui ne représentera que 5% du marché total à l’horizon 2020 selon Gartner. Adresser le marché entreprise nécessite alors d’investir dans de nouvelles parties de la chaîne de valeur. Les opérateurs historiques se sont pour le moment majoritairement positionnés sur des briques de service leur permettant une approche horizontale ; ils se concentrent en parallèle sur un nombre réduit de verticales où ils peuvent développer des plateformes dédiées ou des offres de bout en bout.

La première approche consiste à adresser le marché à travers un ensemble d’outils génériques ou de systèmes à destination de développeurs ou d’intégrateurs comme par exemple, des solutions de sécurité ou de cloud ; l’opérateur peut alors adresser des verticales à travers des partenariats avec des spécialistes. C’est le cas par exemple d’ATT qui adresse la verticale industrie en partenariat avec General Electrics et sa plateforme Predix. La deuxième approche concerne la création de plateformes dédiées à une ou plusieurs verticales. AT&T, Deutsche Telekom et Telefonica ont respectivement fait ce choix pour la voiture, la santé et la ville intelligente. Cette approche permet notamment à l’opérateur de se positionner sur le développement des applications, la sécurité, l’hébergement et la gestion des données, ainsi que l’analytique. 

Parmi les verticales priorisées par les opérateurs télécoms, le secteur de l’industrie devrait représenter à lui seul plus de 40% des revenus de services IoT dans le monde d’ici à 2020. L’IoT y joue en effet un rôle crucial, notamment pour l’optimisation des outils de production et de logistique. Mais sur cette verticale, l’Internet des objets est surtout à l’origine d’un changement de modèle économique important. En intégrant de la connectivité à leurs produits, les industriels deviennent des prestataires de services pour leurs clients finaux. Ceci les incite à accélérer la digitalisation de leurs process tout en intégrant des compétences historiquement hors de leur cœur de métier comme la gestion des données, la relation client ou la facturation. Dans ce contexte, et à l’image des acteurs précédemment cités, l’opérateur peut se positionner comme fournisseur de plateforme de connectivité, mais aussi procurer l’infrastructure back-end nécessaire pour développer des applications dédiées au secteur et accompagner les industriels dans le développement de nouveaux services à l’utilisateur final.

L’opérateur peut aussi se positionner sur les objets connectés grand public

Dans le domaine du B2C, l’enjeu principal pour l’opérateur sera de confirmer l’intérêt des consommateurs pour des solutions de services pour la maison comme la sécurité, le confort ou la gestion d’énergie mais aussi pour l’individu avec des solutions tournées par exemple autour du bien-être ou du divertissement. Pour se différencier face aux acteurs internationaux, les telcos peuvent jouer sur leur capacité à garantir l’interopérabilité des objets mais aussi la sécurité et la confidentialité des données clients. La distribution des de ces objets connectés représente elle aussi une source de revenus non négligeable pour l’opérateur. Il s’agit également d’un levier important pour attirer ses clients en boutique et pour construire une image d’acteur innovant. Le défi consiste alors à repenser son réseau de distribution en développant une stratégie cross-canal et en adaptant le merchandising et l’expérience en boutique. C’est dans ce sens qu’Orange a par exemple fait évoluer ses boutiques sous concept Smart Store depuis 2015. Celles-ci devraient représenter 20% de ses boutiques en Europe d’ici à 2018.

Adresser le marché de l’IoT : un défi organisationnel 

Si l'IoT présente de nombreuses opportunités pour les opérateurs, il présente surtout des défis organisationnels. Le choix d’investir dans de nouveaux métiers comme le software ou de se positionner sur des services aux marges plus faibles représente en effet une évolution de business model qui n’est pas sans impact.

L’ensemble des opérateurs est aujourd’hui confronté à cette question de fond et certains ont déjà opté pour le développement de structures dédiées ou d’organisations internes transverses. Ces organisations plus agiles ont pour objectif de casser les silos pour favoriser l’innovation en mode ouvert et développer des projets multiples sous forme de pilotes. Elles permettent aussi l’expérimentation de nouveaux modèles commerciaux comme le partage de revenus avec des partenaires ou le financement participatif de start-ups. Le choix de ces structures distinctes semble encore cependant limité en termes d’exemples. L’expérience des entités digitales de Telefonica ou Telenor pourrait avoir dissuadé certains opérateurs d'explorer ce type d'organisation pour l’IoT. Cependant, la croissance des revenus annoncés sur ce marché et la nécessité pour l’opérateur de transformer son business model pour y répondre pourrait voir cette tendance s'accroître.

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