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Campagne 2012 à la mode 2.0

Campagne 2012 à la mode 2.0

Par Thomas rivoire - le 06 décembre 2011

De même que les réseaux sociaux et autres terminaux mobiles modifient profondément nos vies, ils ne manqueront pas de bousculer la campagne présidentielle qui s’amorce : nouvel espace de liberté pour les citoyens, outil à double tranchant pour les politiques, opportunités pour les médias et instituts de sondages.

Une population de plus en plus mobile et connectée

Depuis l’élection présidentielle de 2007, les blogs politiques qui faisaient alors leur apparition se sont largement démocratisés et le nombre d’internautes a considérablement augmenté. On compte aujourd’hui 42 millions d’internautes français (1). Ces internautes sont de plus en plus mobiles et familiers des réseaux sociaux. Au troisième trimestre 2011, on dénombrait 18,3 millions d'utilisateurs de smartphones (2) dont 6 millions se connectant quotidiennement à Internet. 23,2 millions d’internautes français sont présents sur Facebook (3), et la plateforme de microblogging Twitter revendique quant à elle 1,65 millions d’utilisateurs en France (3). Sur ces réseaux, l’abondance d’information et l’accélération de sa propagation, grâce au microblogging mobile entre autre, tend à accentuer la désintermédiation des médias : n’importe qui peut remonter une information et la diffuser.

Dans ce contexte, les réseaux sociaux devraient être davantage exploités lors de la campagne présidentielle 2012 et viendraient modifier les traditionnels schémas de communication verticale, en augmentant l’engagement, favorisant le dialogue et les débats et en donnant une nouvelle dimension aux sondages. Plusieurs tendances qui s’annoncent pour 2012 :

Plus de visibilité des politiques sur les réseaux sociaux

A l’instar de leur utilisation à des fins marketing, les réseaux sociaux pourraient devenir des outils d’influence permettant aux partis de toucher des cibles peu, voire pas touchées par les médias traditionnels (notamment les jeunes), d’interagir plus facilement avec les citoyens, ainsi que de chasser de nouveaux électeurs. Cependant, selon une étude Ipsos, les militants ne délaisseront pas le collage d’affiche au profit d’actions en ligne : internet n’est aujourdhui pas considéré comme un outil de militantisme.

Les personnalités politiques devraient être en grande partie présentes sur Internet, utilisant ces nouveaux outils en tant que « marque personnelle » pour faire la promotion de leur programme et/ou de disposer d’un nouveau canal de diffusion de leurs messages. Cependant, leurs implications sur les réseaux sont, à ce jour, disparates et les politiques ne maitrisent pas encore totalement les codes d’usage des réseaux sociaux, ou ne préfèrent pas risquer de perdre la main sur leur image et leur communication. Dans ce domaine, Barack Obama fait figure de d’avant-gardiste : utilisation experte en 2008 de Facebook, Twitter, ainsi que, plus récemment, de la fonctionnalité de push notif, du site Tumblr et de Google+

Une campagne plus interactive pour les citoyens

Ces évolutions pourraient transformer la pratique démocratique des citoyens en leur proposant de nouveaux moyens de s’informer, de se forger une opinion politique, et en leur offrant de nouvel espace de libre expression. Enfant du couple TV-Internet, le livetweeting – fait de commenter en direct un programme télévisé sur une plateforme en ligne – généralement depuis un smartphone ou une tablette – pourrait devenir populaire et donner une nouvelle dimension aux débats télévisés.

La proximité qu’induisent les réseaux sociaux entre les individus pourrait permettre également à des blogueurs, voire aux internautes, de s’entretenir avec des hommes politiques en court-circuitant les médias.

Une lutte contre la désintermédiation des médias

L’intégration des réseaux sociaux aux stratégies éditoriales permettrait aux médias de fédérer de l’engagement citoyen et de générer des discussions autour des sujets politiques sur leurs propres sites web et applications, de manière, notamment, à éviter la fuite de leur audience vers d’autres espaces d’expression numériques.

L’information et les données circuleront plus vite qu’en 2007. Les propos tenus pas les candidats lors de débats pourront être vérifiés et commentés en temps réels par les médias (fact checking). Face à la surabondance de données disponibles sur le Net et l’essor du datajournalisme, une importance croissante sera donnée aux datavisualisations qui devraient être de plus en plus présentes et interactives dans les journaux en ligne.

Une source d’information complémentaire pour les sondages

Les instituts de sondage et d’analyse des usages pourraient mettre à profit l’utilisation de ces outils afin de créer de nouveaux baromètres basés sur une analyse des métriques propres aux SNS et pour comprendre les mouvements d’idées via l’analyse des discussions sur la toile. Le crowdsourcing serait également mis à contribution afin de comprendre les fluctuations d’opinion dans les sondages.

Des enjeux face pour les aggrégateurs français

Face aux acteurs traditionnels (Le Figaro, Le Monde..) et aux pure players (Rue89, Atlantico..) les plateformes d’informations (Google News, Orange actu) pourraient canaliser les audiences. En effet les acteurs capables de combiner technologies d’agrégation de contenus multimédias, exploitation de sources d’informations variées et présence multi-écran, offriront de véritables revues de presse intéractives en ligne, mises à jour en continu et disponibles partout, à tout moment sur n’importe quel device. (Ex : Orange Actu Revue).

Sources :

1 : comScore–“comScore Releases Overview of European Internet Usage in September2011”–14/11/2011

http://www.comscore.com/Press_Events/Press_Releases/2011/11/comScore_Releases_Overview_of_European_Internet_Usage_in_September_2011

2 : Médiamétrie–“L'audience de l'Internet mobile en France au 3ème trimestre 2011”–28/10/2011

http://www.mediametrie.fr/internet/communiques/l-audience-de-l-internet-mobile-en-france-au-3eme-trimestre-2011.php?id=545

3 : France Info–«Infographie de l’internet en France en 2011»-25/10/2011

http://www.franceinfo.fr/france-presidentielle-2012-2011-10-25-infographies-la-france-en-chiffres-internet-570693-9-508.html

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